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Les 10 plus belles marinas de Norvège

La Norvège offre au croiseur un littoral qui, déroulé, ferait presque le tour de l'équateur — quelque 100 000 kilomètres une fois chaque fjord et chaque île comptés. La récompense de cette navigation est un décor sans égal en Europe : des murailles de granit plongeant à la verticale dans une eau lisse comme du verre, des glaciers visibles depuis le cockpit, et une chaîne de petits ports de visiteurs où se blottir presque n'importe où. La culture nautique norvégienne s'organise autour du gjestehavn, le port de visiteurs, et du båtforening, le club nautique local dont les pontons tenus par des bénévoles accueillent les visiteurs pour une somme modique. Des jardins d'écueils au large d'Oslo à la lisière atlantique du Rogaland, voici les ports qui définissent une croisière norvégienne.

L'Oslofjord : les eaux intérieures animées

C'est dans l'Oslofjord que commence le plus souvent la voile norvégienne, une longue baie protégée parsemée d'îles et de chalets d'été. Autour de Nesodden, les corps-morts de visiteurs d'Oksval et les pontons de club du fjord intérieur vous placent à portée de ferry de la capitale, tandis que les écueils boisés au large de Drøbak se resserrent en le détroit de Drøbak, où la forteresse d'Oscarsborg coula le croiseur allemand Blücher en 1940. L'eau y est saumâtre et se réchauffe vite, et un week-end de juillet, chaque crique abritée se remplit de bateaux au mouillage, accouplés étrave contre poupe. C'est la voile dans sa forme la plus conviviale, à mille lieues des fjords déserts de l'ouest.

Hvaler et la frontière suédoise

À l'embouchure orientale de l'Oslofjord se trouve l'archipel de Hvaler, un dédale de basses îles de granit rose qui forme l'un des plans d'eau les plus chéris de Norvège et un parc national. Fuglevik marina et Store Brevik marina côté continent servent de portes d'entrée, avec carburant, eau et provisions avant de se faufiler parmi les écueils vers les îles Koster suédoises, juste de l'autre côté de la frontière. Les chenaux sont étroits et les cartes indispensables, mais les mouillages — la roche lisse où poser le pied à terre, les pins et l'eau claire — sont l'image même d'un été scandinave.

Les lacs du Telemark et de Bygland

Toute la navigation norvégienne ne se déroule pas en eau salée. Le canal du Telemark grimpe de 72 mètres par dix-huit écluses de Skien à Dalen, prouesse d'ingénierie victorienne qui permet aux bateaux de faible tirant d'eau de traverser les hauts plateaux. À l'intérieur des terres, sur le long Byglandsfjord, le Byglandsfjord Båtforening et les appontements de Bygland brygge desservent un fjord d'eau douce cerné de forêt dans la vallée de Setesdal, tandis que Valebø brygge, sur la voie d'eau du Telemark, est une escale typique au bord du canal. Ce sont des eaux douces et familiales, où le spectacle vient des écluses et des collines boisées plutôt que de la pleine mer.

Kristiansand et le Sørlandet méridional

La côte sud, le Sørlandet, est la riviera estivale de la Norvège : villes de bois peintes en blanc, écueils chauffés par le soleil et la météo de voile la plus douce du pays. Autour de Kristiansand, le Havnen Båtforening et une enfilade de ports de visiteurs bordent une côte de détroits abrités, et la ville blanche de Flekkefjord, avec son quartier Hollenderbyen d'influence néerlandaise, offre un gjestehavn douillet en plein centre. Le Nøkledypet Båthavn et les petits ports de club de la région se remplissent en juillet de bateaux venus de toute la Norvège méridionale, quand l'eau est assez chaude pour la baignade et que les soirées restent claires jusqu'à presque minuit.

Stavanger et les fjords du Ryfylke

Stavanger, capitale du Rogaland, est un grand pôle nautique, son port ceint des vieilles maisons blanches de Gamle Stavanger et servant de tremplin vers les fjords du Ryfylke en arrière-pays. Tungenes havn, au cap au nord de la ville, marque la rencontre du fjord et de l'Atlantique ouvert, tandis qu'à l'intérieur le Lysefjord s'enfonce sur 42 kilomètres entre des parois culminant au surplomb de 604 mètres du Preikestolen, la Chaire, avec le bloc du Kjerag coincé plus loin dans une crevasse à mille mètres au-dessus de l'eau. Naviguer au pied de ces falaises, mouiller dans leur ombre et regarder les base-jumpeurs s'élancer du rebord est l'une des grandes expériences de la croisière européenne.

Le Hardangerfjord et Rosendal

Au nord-est de Bergen, le Hardangerfjord pénètre 180 kilomètres dans les terres, troisième plus long fjord du monde, ses rives blanches de fleurs de pommier et de cerisier en mai. Rosendal Hamn se niche sous le glacier de la Folgefonna et le Baroniet Rosendal, le plus petit manoir de Scandinavie, tandis que de l'autre côté du fjord les pontons bénévoles d'Uskedal Båtlag, de Husnes Båthavn et de Sunde båthavn donnent aux croiseurs un pied à terre dans le district de Kvinnherad. De là, le fjord se ramifie vers le tonitruant Vøringsfossen et les vergers d'Ulvik, un paysage de cascades et d'eau alimentée par les glaciers, si froide qu'elle reste verte tout l'été.

Bergen et les îles de l'ouest

Bergen, l'ancienne capitale hanséatique, ancre la côte ouest, son quai du Bryggen formant une rangée classée au patrimoine mondial de l'UNESCO de maisons de marchands en bois penchées. Øyro Marina et les ports des îles environnantes s'abritent derrière la ceinture d'écueils qui protège la ville de la pleine mer. C'est le coin le plus pluvieux de Norvège — Bergen compte en moyenne plus de 230 jours de pluie par an — mais c'est aussi la porte du Sognefjord juste au nord, le fjord le plus long et le plus profond du pays avec 1308 mètres, où le plan d'eau s'ouvre sur le cœur des hautes terres.

En pratique : ports de visiteurs, météo et saison

Les ports de visiteurs norvégiens fonctionnent sur la confiance : on s'amarre, on cherche la boîte à monnaie ou l'application, et on règle un forfait pour la nuit qui comprend généralement l'eau, souvent l'électricité et parfois une douche et un sauna. Solumstrand, près de Drammen, et de petits ports de club comme Nøsted Brygge småbåthavn illustrent le modèle dans sa version la plus chaleureuse. La saison court de la fin mai, quand la fonte des neiges gonfle les cascades, au début septembre ; juillet offre l'eau la plus chaude et, dans le grand nord, le soleil de minuit. Surveillez les fenêtres météo sur les tronçons exposés entre les fjords, emportez un bon mouillage pour les fonds profonds, et rappelez-vous que carburant et provisions se raréfient à mesure que l'on remonte vers le nord et l'ouest.

Sur la carte

Une croisière norvégienne se mesure non en milles mais en fjords, et un seul été effleure à peine la côte sud. Servez-vous de la carte interactive pour repérer les ports de visiteurs de Hvaler à Bergen, jauger les étapes en eau libre entre les fjords abrités et tracer votre propre route à travers la Norvège sur la carte.